GESTION DES RISQUES

1 : Définitions du Risque:

La notion de risque est une notion très particulière puisqu’elle peut exprimer plusieurs niveaux. En effet, le risque est  soit une situation dommageable, soit la cause de la situation, soit les conséquences de la situation,  soit, enfin, la victime potentielle.

Définitions des dictionnaires :

- Quillet a défini le risque comme une « exposition au sinistre »

- Petit Robert : Danger éventuel plus ou moins prévisible

- Petit Larousse : Danger, inconvénient plus ou moins probable auquel on est exposé

Autres définitions:

En épidémiologie, le risque est défini comme : «la probabilité de survenue d’un problème défini, au sein d’une population déterminée, situé dans un environnement dangereux, pendant une période déterminée. »

Dans la norme NF EN 1441, le risque est défini ainsi : « Combinaison de la conséquence (niveau de sévérité ou degré de gravité) d ’un événement redouté (provoquant un danger) et de sa probabilité d ’occurrence.»  

Autre définition du Risque qui est proposée dans le livre  « Qualité & Santé »  des éditions AFNOR : « Danger plus ou moins prévisible et probable, une éventualité d événements qui ne dépend pas exclusivement de la volonté des parties. Les risques constituent l ’ensemble des facteurs qui peuvent entraîner un dommage physique ou psychique plus ou moins grave pour le malade à cause d ’événements indésirables, intercurrents et imprévus.»

On voit ainsi apparaître le mot apparenté de «danger» que la norme NF EN 1441 définit comme « Source potentielle de dommages pour l ’homme, les biens et l ’environnement .» Elle ajoute la notion de situations à risque comme: « Toute situation qui pourrait être à l ’origine de survenue d ’événement indésirable »

Dans cette approche, le danger est défini dans le « codex alimentarius » comme : « un agent biologique, chimique ou physique contenu ou résultant d ’un aliment et susceptible de nuire à la santé ». 

2 : Gestion des risques :

2-1 : Définitions :

En 1970, aux USA : « Effort organisé pour identifier, évaluer et réduire, chaque fois que cela est possible, les risques encourus par les patients, les visiteurset les personnels. »

Aujourd’hui, la Gestion des risques peut être définie selon la formule de Guimbaud : « Processus régulier, continu, coordonné et intégré à l ’ensemble d ’une organisation, qui permet l ’identification, l ’analyse, le contrôle et l ’évaluation des risques et des situations à risque qui ont causé ou auraient pu causer des dommages à une personne ou à des biens »

2-2 : Analyse des risques

L’analyse des risques repose sur deux paramètres : d’une part, identifier les causes du risque, (elles peuvent être multiples : risque multifactoriel), d’autre part déterminer leur niveau de risque ou la « dangerosité ». 

Identification des causes :

la nature de la cause des risques est très variable. La gestion des risques va s’intéresser à l’ensemble des risques d’un système que les causes soient d’origine iatrogène (technique sanitaire, produits de santé) d’origine environnementale ( qualité de l’air, technique et ingénierie, architecture,…)  d’origine logistique (rupture d’approvisionnement, erreur d’adressage) ou bien encore organisationnelle (management , erreur de niveaux de décision, fiches de postes inadaptées ou inadéquation des moyens humains – nombre, compétences, qualifications…). Il ne faut pas oublier non plus deux autres « dimensions du risque » que représentent le risque « juridique » ( avec les différents niveaux : administratif, civil, pénal) et le risque financier qui est toujours présent dans une crise, même s’il peut être prévenu par le biais de l’assurance…

 La norme NF EN 1140 sur l’analyse et la gestion des risques préconise des techniques permettant de déterminer le niveau d’un risque en tenant compte de sa dangerosité et aussi de sa fréquence, sachant que l’acceptabilité d’un risque peut varier d’un sujet à un autre.  

La  dangerosité ou encore gravité est définie par l’OMS selon cinq niveaux de gravité :

- Décès,
- Menace du pronostic vital,
- Incapacité permanente ou importante,
- Nécessité d’intervention médicale ou chirurgicale,
- Malformation congénitale

Le risque va dépendre aussi de sa fréquence d’apparition, ainsi il est distingué 6 niveaux dans la norme EN 1441 :

- Fréquent : le danger est constant
- Probable : l’incident peut se produire au moins 1 fois
- Occasionnel : l’incident pourra se produire au moins 1 fois
- Rare : l’incident peut-être se produirait au plus 1 fois
- Improbable : l’incident pourrait se produire mais il est inconnu
- Incroyable : la survenance d’un incident est invraisemblable dans l ’état des connaissances du moment

A partir de ces deux données : dangerosité, fréquence, il est possible d’établir des matrices d’estimation du risque et de son acceptabilité

 

Des outils et des méthodes sont alors proposés comme « aide à la décision » en fonction du degré d’acceptabilité du risque.

Cette notion d’acceptabilité du risque varie donc selon des données liées à l’atrocité du risque à son nombre absolu d’événements mais elle va aussi  être dépendante de données plus ou moins objectives  liées au niveau de perception du risque, qui peut différer d’un individu à l’autre, soit par ‘habitude’ soit par ‘méconnaissance’.

La prise en compte du risque repose aussi sur des approches pragmatiques comme est-il possible de le prévenir ? A quel coût ? On rejoint ainsi la notion de bénéfice/risque qui ne peut être éludée par un décideur.

Enfin, l’analyse du risque et sa réduction ou son élimination seront plus ou moins aisées selon que l’apparition du risque est volontaire ou involontaire. La notion de «malveillance» étant alors intégrée.

Il apparaît alors la possibilité d’un risque résiduel : défini comme « Niveau de risque demeurant après mise en place de mesures préventives ».

Les méthodes d’analyse des risques sont utilisées dans certaines vigilances : ainsi en matériovigilance, la détermination de la criticité est un outil de tri des incidents lors de leur enregistrement. En hygiène, une norme a défini une application à l’analyse du risque infectieux : XPS 99- 200.

3: Gestion des risques à l’Hôpital :

La gestion des risques à l’Hôpital est un domaine transversal qui s’intéresse non seulement à coordonner ou fédérer les vigilances sanitaires réglementées, mais aussi à mettre en place une politique globale de prévention des risques. C’est donc une approche «systémique» qui repose sur trois étapes essentielles : signaler, analyser, traiter qui se bouclent et se continuent par la mesure des actions mises en œuvre.

Dans cette approche, la coordination des vigilances sanitaires relève d’une problématique commune avec trois attitudes :

- Signalement, enregistrement et investigation des évènements indésirables et incidents liès à l'utilisation de produits et biens thérapeutiques

- Traçabilité des produits et biens thérapeutiques

- Réponse aux alertes sanitaires

La gestion des risques associe à cette «conformité réglementaire» que représente le bon fonctionnement des vigilances sanitaires, d’autres domaines plus ou moins réglementées, qui s’intéressent tant à la sécurité des patients qu’à celle personnel et/ou des visiteurs.   

 

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