Les eaux destinées à la consommation humaine sont naturellement indemnes de plomb sur leur lieu de production. Ce sont les réseaux de distribution, branchements, et réseaux intérieurs d'immeuble qui, lorsqu'ils sont en plomb, dégradent l'eau distribuée qui peut alors présenter un risque pour la santé des consommateurs lorsqu'elle séjourne dans ces conduites.
La céruse (hydrocarbonate de plomb) a été couramment utilisée dans la fabrication des peintures et enduits au XIXème siècle et, malgré des textes réglementaires, jusqu'à la moitié du XXème siècle. Son usage offrait une bonne protection des supports et une bonne tenue des peintures. C'est pourquoi il subsiste aujourd'hui des peintures au plomb dans les logements construits avant 1948, et plus particulièrement avant 1915.
Au-delà d'un certain seuil, l'ingestion ou l'inhalation de plomb est toxique. Elle provoque des troubles réversibles (anémie, troubles digestifs...) ou irréversibles (atteinte du système nerveux...). L'intoxication des jeunes enfants par les peintures au plomb est un problème de santé publique en France comme dans d'autres pays industrialisés. Elle résulte de l'ingestion ou l'inhalation de poussières ou de fragments de peinture provenant de la dégradation des murs, des portes et des montants de fenêtres. Elle touche également les travailleurs et les habitants lors des chantiers de réhabilitation de logements anciens, les travaux libérant des poussières de plomb en grande quantité.
Afin de prévenir les risques sanitaires, ou d'y remédier, il faut tout d'abord identifier les surfaces contaminées. Le plomb des peintures étant indécelable par simple observation, il est nécessaire de procéder à des analyses pour le localiser et déterminer sa concentration. Les mesures sur site sont réalisées par un technicien spécialisé au moyen d'un appareil de détection spécifique (en Midi-Pyrénées les DDASS et la DRASS disposent de 2 appareils de détection). Les analyses chimiques sont effectuées en laboratoire à partir d'échantillons prélevés sur les parois dégradées (poussières, écailles de peinture...).
Une vigilance particulière est nécessaire vis-à-vis des enfants afin de leur éviter de gratter les écailles de peinture et d'en absorber. Il convient de s'assurer également du nettoyage régulier des zones dégradées pour éviter la dissémination des poussières dans les locaux.
Toutes les techniques utilisées doivent minimiser la dissémination de poussières ou de vapeurs toxiques sur le chantier, ce qui est impératif pour la sécurité des travailleurs et des occupants. Il est absolument nécessaire de prendre des mesures de protection rigoureuses lorsqu'on intervient dans l'habitat ancien, même pour des travaux de faible importance. Les jeunes enfants doivent être tenus éloignés des chantiers pendant toute la durée des travaux. Il convient d'appliquer strictement des règles d'hygiène et de sécurité (port de vêtements ou d'équipements de protection notamment) et de veiller à la gestion des déchets et résidus.
Un cas de saturnisme ou la présence d'un risque d'accessibilité au plomb important justifie la mise en place rapide de moyens pour traiter les lieux contaminés. Le traitement des cas d'urgence est organisé par la loi de lutte contre les exclusions et ses décrets d'application. Les Préfets disposent de moyens pour faire procéder à des travaux, si besoin, en se substituant aux propriétaires. Plus préventivement, des états de risques d'accessibilité au plomb doivent être réalisés dans les zones à risque au moment des ventes.