Au début de l'été 2001 une sur-mortalité d'isards, le chamois
des Pyrénées, a été constatée dans les Hautes- Pyrénées sur le secteur
du pic Bazès dans une zone de pâturage située entre 1500 et 1800 mètres surveillée
par l'Office National de la chasse. Sur un des cinq isards analysés , le laboratoire
a décelé une présence à dose mortelle de lindane, une insecticide utilisé
par les agriculteurs pour la protection des récoltes ou pour traiter les troupeaux
contre les parasites. Ce constat de trace de lindane à cette altitude est
d'autant plus étonnant que cet insecticide est interdit depuis trois ans.
Parallèlement à l'enquête judiciaire menée par la gendarmerie, des mesures
de protection sanitaire ont été rapidement prises pour éviter toute
exposition humaine au risque. Un comité de suivi interministeriel et interdépartemental
(Hautes- Pyrénées /Pyrénées-Atlantiques) s'est rapidement constitué dès le
mois de septembre. Suivant des réunions hebdomadaires,il réunit aux côtés
du service santé- environnement de la DDASS des Hautes-Pyrénées, différents
organismes et institutions publiques: Direction Départementale de la Concurrence
de la Consommation et des Fraudes, Services vétérinaires, Gendarmerie, Office
National de la Chasse, Eaux et forêt, Direction Départementale de l'Agriculture
et de la Forêt, Direction Régionale de la Protection des Végétaux. "
L'objectif de cette mise en commun de compétences a contribué à élaborer une
démarche unique d'investigation pour limiter le risque d'exposition humaine.
Nous avons établi une méthode commune d'évaluation du risque amenant à l'élargissement
territorial de nos investigations et à la formalisation d'un plan de prélèvement
notamment des fromages, dont certains ont été retirés de la vente. Un
plan de surveillance du cheptel a également été lancé. Parallèlement, un protocole
a même été signé avec les sociétés de chasse afin de réaliser des prélèvements
systématiques sur les animaux abattus, explique Pascal Capdepon, médecin inspecteur
à la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales des Hautes-Pyrénées.
Trois mois après l'incident, la décroissance des taux de lindane vers des
taux habituels est observée. La gestion s'est avéré efficace , et l'exposition
humaine évitée. Seule ombre au tableau, l'enquête de gendarmerie qui suit
son cours, n'a toujours pas permis de trouver la cause du déversement
de lindane dans cette zone de pâturage d'altitude.