La fillette hospitalisée samedi, et dont la DDASS confirme qu'il s'agit d'un cas de méningococcémie avéré est actuellement traitée au service pédiatrie à l'hôpital d'Albi où son état est jugé satisfaisant.
Grâce à la diligence des services des affaires sanitaires et sociales, du médecin traitant, de la gendarmerie et de l'éducation nationale, le dispositif mis en place par la préfecture de l'Aveyron a permis de retrouver les personnes ayant été en contact avec la fillette afin de leur appliquer une prophylaxie.
Il est impératif que les personnes pour lesquelles un traitement antibiotique de prévention a été prescrit, suivent ce traitement dans son intégrité.
Il semble utile cependant de rappeler quelques règles sur les mesures à prendre autour d'un cas de ce type.
C'est une maladie grave qui touche surtout l'enfant et les personnes vivant en communauté (écoles, internat, casernes ). Les cas sont plus fréquents à la sortie de l'hiver.
Elle est due à un germe, le méningocoque, qui se transmet essentiellement par les sécrétions salivaires émises lors de la toux ou de la parole.
20% de la population héberge ce germe peu résistant qui ne peut vivre en dehors de la gorge.
Ces personnes sont dites des "porteurs sains" car elles ne présentent aucun signe de maladie ; en effet, dans plus de 90% des cas, en contact du méningocoque, l'organisme sécrète des anticorps qui le protègent efficacement.
Dans des conditions particulières, certains individus ne sécrètent pas d'anticorps et vont développer une maladie (septicémie, méningite ) d'évolution rapide et grave en dehors d'un traitement médical adapté et précoce.
En présence d'un cas déclaré de méningite et dès que celui-ci est diagnostiqué, le médecin traitant contacte le médecin de la DDASS pour définir les mesures à prendre pour éviter tout nouveau cas. Ces mesures ont pour but d'empêcher l'acquisition de la bactérie par des sujets sains qui ont été en contact étroit avec le malade et de rompre la chaîne de transmission.
Des mesures prophylactiques bien codifiées par le ministère de la santé sont alors mises en place par le médecin de la DDASS en collaboration étroite avec le médecin traitant et/ou le médecin de la collectivité intéressée (médecin scolaire, médecin du travail ). Ces mesures consistent :
à administrer à l'entourage proche du malade un antibiotique qui éradiquera le méningocoque et éliminera le portage. L'antibiotique recommandé actuellement par le ministère de la santé est la RIFAMPYCINEâ à prendre à dose suffisante pendant 48 heures, sur prescription médicale uniquement.
dans certains cas (s'il s'avère que le germe responsable est d'un sérotype particulier A ou C), la vaccination doit être proposée. La vaccination est en revanche inutile car inefficace si le méningocoque est du groupe B.
Les sujets contacts pour lesquels la prophylaxie est à appliquer sont définis très précisément et nominativement par le médecin de la DDASS et le médecin traitant. Ces personnes sont:
celles vivant au domicile du malade ou ayant dormi dans la même pièce que le malade dans les 10 jours précédant l'hospitalisation
personnes exposées aux sécrétions oropharyngées du malade dans les 10 jours précédant son hospitalisation : camarades de jeux habituels du malade, "flirts" ou partenaires sexuels d'un adolescent ou d'un adulte, sujets ayant partagé une soirée dansante avec le malade
dans les pouponnières, crèches et écoles maternelles, tous les enfants et le personnel
dans les écoles primaires, collèges, lycées la prophylaxie sera proposée exclusivement aux sujets ayant eu un contact fréquent avec le malade : camarades habituels de jeux ou d'étude, voisins immédiats de réfectoire, au maximum, toute la classe.